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Thaïlande: nouveau Premier ministre, visas en mouvement, applis bancaires à jour — ce qu’il faut vraiment retenir cette semaine
Culture Publié le 17 February 2026

Thaïlande: nouveau Premier ministre, visas en mouvement, applis bancaires à jour — ce qu’il faut vraiment retenir cette semaine

Élections thaïlandaises, rumeurs de visas (60 à 30 jours), projets de refonte pour attirer télétravailleurs et étudiants, piste de visa long terme via immobilier, fiscalité des retraités, boom touristique, applis bancaires désactivées sur vieux smartphones, pont vers Koh Samui et taux euro/baht.

Nico-JTPT
Nico-JTPT

Rédacteur

Thaïlande: nouveau Premier ministre, visas en mouvement, applis bancaires à jour — ce qu’il faut vraiment retenir cette semaine

Entre résultats électoraux qui rebattent les cartes, rumeurs de visas qui affolent les groupes Telegram, et applis bancaires thaïlandaises qui cessent de fonctionner sur les téléphones trop anciens, l’actualité a fait le grand écart. On a fait le tri, calmement, pour distinguer le solide du sable. Et oui, on garde la tête froide: en Thaïlande, une réforme n’existe que lorsqu’elle est publiée au Journal royal.

Politique: un « nouveau » Premier ministre et une coalition conservatrice qui verrouille

C’est désormais officiel: Anutin Charnvirakul, patron du Bhumjaithai (souvent classé conservateur), conserve les rênes du gouvernement. Un « nouveau » Premier ministre qui n’en est pas vraiment un, tant la continuité prime. Les sondages l’annonçaient perdant? Les urnes ont contredit les pronostics, rappelant cette particularité locale: ici, les chiffres ne font pas toujours l’élection.

Le décor politique se structure autour d’une alliance entre le Bhumjaithai et le Pheu Thai (héritier politique de la galaxie Shinawatra, aujourd’hui emmené par Paetongtarn Shinawatra). Le camp réformiste, associé à la couleur orange et emmené par le Move Forward Party (MFP), se retrouve marginalisé malgré sa poussée antérieure. La dynamique du moment: stabilité, continuité et prudence sur les dossiers sensibles.

Sur le front judiciaire, le dossier 112 (la loi de lèse-majesté) continue de peser lourd. Selon la Commission nationale anticorruption (NACC), 44 ex-députés du MFP auraient gravement enfreint des standards éthiques en 2021 en proposant une réforme de l’article 112; l’affaire est désormais entre les mains de la Cour suprême, avec à la clé des sanctions qui pourraient aller jusqu’à une interdiction de vie politique à vie. À ce stade, on reste dans le registre de la procédure: c’est à la Cour de trancher.

Conséquence prévisible: une politique publique orientée vers l’ordre et l’attractivité économique, avec des réformes calibrées. Pour les étrangers — touristes, retraités, télétravailleurs — cela signifie souvent des annonces en cascade, puis des précisions techniques, et enfin, des textes d’application. Moralité: on surveille, mais on ne surinterprète pas.

Visas: rumeurs, projets et ce qui pourrait vraiment changer

La semaine a été un long fil de notifications. Visas qui se réduisent, visas qui s’allongent, nouveaux dispositifs « long terme » pour investisseurs et même locataires… Beaucoup de bruit, peu de certitudes. Voici l’état du jeu, tel qu’il ressort des informations publiques évoquées sur JTPT et des déclarations gouvernementales récentes.

Exemption de visa: vers un retour à 30 jours? Prudence, rien n’est acté

La rumeur la plus insistante: la fin de l’exemption 60 jours au profit d’un retour à 30 jours, avec possibilité d’une extension sur place de 30 jours (payante), soit 60 jours au total mais en deux étapes. Cette hypothèse circule depuis plus d’un an. Elle s’appuie sur deux arguments entendus dans certains cercles: limiter les séjours très longs jugés à risque (travail illégal, incivilités, petite criminalité) et recentrer la politique d’accueil sur les touristes « moyens » qui restent, en pratique, environ 21 jours.

Fait clé: au moment où ces lignes sont écrites, aucun texte exécutoire ne confirme ce retour strict à 30 jours. La proposition, les réunions, les notes internes existent, mais la règle ne change vraiment qu’une fois publiée au Journal royal. En d’autres termes: on range le passeport, on respire, on attend la publication officielle. S’il y a changement, les ambassades, les sites officiels et les points de contrôle aux frontières l’indiqueront sans ambiguïté.

Élargissement des pays éligibles à l’exemption: la piste d’un élargissement de la liste

À contre-courant de la rumeur de réduction, des signaux laissent penser que la Thaïlande envisage d’ajouter de nouveaux pays à la liste de l’exemption. Aucune liste publique définitive à ce stade, donc pas de promesses hâtives. Mais l’objectif affiché reste constant: soutenir la reprise et fluidifier l’arrivée de visiteurs sans alourdir les démarches de court séjour.

Vers une refonte des visas pour relancer l’attractivité

Le 10 février, une réunion gouvernementale a validé un paquet de mesures proposées par le ministère des Affaires étrangères pour stimuler le tourisme, attirer des visiteurs de longue durée et soutenir l’économie. Parmi les pistes discutées: rendre la grille plus lisible en réduisant le nombre de catégories non-immigrant (aujourd’hui richement fourni) et améliorer l’offre pour les profils recherchés, notamment les télétravailleurs et les résidents longue durée.

On notera une tension interne typiquement thaïlandaise: encourager les séjours longs tout en resserrant la surveillance contre le travail illégal. Traduction pratique: des dispositifs plus clairs pour ceux qui cochent les bonnes cases, et des contrôles renforcés pour ceux qui tentent d’y échapper. La ligne n’est pas toujours simple à tracer — ce n’est pas écrit sur le front — mais l’intention est là.

Étudiants: un visa ED qui autoriserait le travail d’appoint?

Autre signal fort évoqué: l’évolution du visa non-immigrant ED (éducation), avec la possibilité d’autoriser un travail partiel pour les étudiants. Aujourd’hui, c’est interdit: on étudie, point. Ouvrir la porte à quelques heures rémunérées par semaine ferait sens: les étudiants ont des frais, et l’économie locale gagnerait de la main-d’œuvre ponctuelle, encadrée et déclarée.

Ce serait une petite révolution du quotidien: plus d’équilibre budgétaire pour les jeunes, des campus plus attractifs et, à terme, un ancrage culturel accru. Attention toutefois: sans texte officiel, tout cela reste au conditionnel. Les universités, les écoles de langues et les institutions devront ajuster leurs procédures. On suivra de près les plafonds horaires, la liste des emplois autorisés et les assurances exigées.

Visa long terme lié à l’immobilier: le possible retour d’une vieille idée, à des seuils plus accessibles

Des articles et contenus spécialisés ont remis au goût du jour un mécanisme qui n’est pas totalement inédit: un visa long terme adossé à un achat de condominium à partir d’un certain montant, ou à une location haut de gamme. Selon ce qui circule, il ne s’agirait pas d’un « tout nouveau visa » mais plutôt d’un amendement d’un dispositif existant pour en assouplir les critères d’accès.

Les niveaux évoqués sont les suivants:

  • Achat immobilier à partir de 3 millions de bahts (environ 81 000 euros au taux de change du moment). Ce ticket d’entrée ouvrirait, sous conditions, un accès facilité à un droit au séjour long.
  • Location avec un loyer mensuel d’au moins 80 000 bahts (un peu plus de 2 100 euros). C’est élevé pour la plupart des expatriés installés hors des quartiers les plus premium, et c’est probablement voulu: réserver le dispositif aux profils solvables.

Le marché a déjà vu des programmes au fil des années — souvent en partenariat entre développeurs immobiliers et visas premium — avec des seuils à six, voire huit chiffres en bahts. La nouveauté serait la baisse du plancher d’achat, ce qui élargirait l’audience. Mais prudence: tant que les critères, l’autorité instructrice, la durée exacte, les renouvellements et les droits associés (travail? conjoint? enfants?) ne sont pas publiés noir sur blanc, on reste dans la spéculation.

Conseils pratiques si vous êtes tenté:

  • Évitez de signer quoi que ce soit en vous fondant uniquement sur une vidéo ou un post viral. Attendez des documents officiels.
  • Privilégiez les canaux établis (ambassades, sites gouvernementaux, opportunément le Journal royal), et vérifiez la réputation du développeur immobilier.
  • Identifiez les frais cachés: traduction certifiée, assurances, redevances, frais d’agent, taxes locales au transfert de propriété.
  • Gare aux raccourcis marketing: « j’achète, j’ai un visa ». Les autorités migratoires restent souveraines, même avec un ticket immobilier en poche.

Retraités: une éclaircie fiscale bienvenue pour ceux imposés en France

Bonne nouvelle, si elle se confirme dans la durée: un communiqué relayé par l’ambassade de France indique que, pour les retraités percevant des pensions (publiques ou privées) déjà soumises à l’impôt en France, ces revenus seraient exonérés en Thaïlande au titre de la convention fiscale bilatérale. Mieux: ils n’auraient pas à être déclarés dans la déclaration thaïlandaise.

Cette clarification tombe à pic après des mois de flottement et d’inquiétude. Elle ne dit pas tout, évidemment. D’autres revenus d’origine étrangère (placements, loyers, dividendes) obéissent à des règles spécifiques. Et chaque situation a ses angles morts. Deux réflexes s’imposent donc: conserver les justificatifs d’imposition française, et consulter un fiscaliste familier du traité franco-thaï.

Tourisme: démarrage solide et retour en force des marchés asiatiques

Du 1er janvier au 8 février, la Thaïlande a accueilli environ 4,18 millions de visiteurs étrangers. Le peloton de tête donne le ton: Chine (~569 000), Malaisie (~377 000), Russie (~340 000), Inde (~285 000), Corée du Sud (~207 000). Les chiffres confirment une reprise variée, structurée par la proximité géographique, les dessertes aériennes et la recherche de soleil hivernal.

Objectif affiché pour 2026: dépasser les 35 millions d’entrées. Pour l’atteindre, le pays devra maintenir un savant dosage entre facilités d’accès (exemptions, e-visas plus lisibles), sécurité perçue, qualité des services et capacité hôtelière. Les signaux récents laissent penser que l’administration veut régler rapidement les irritants — délais, catégories redondantes — sans lâcher sur la conformité. Un équilibre subtil.

Conséquence sur le terrain? Les zones ultra-populaires — Bangkok, Phuket, Samui, Krabi, Pattaya, Chiang Mai — affichent déjà des pics saisonniers prononcés. Les voyageurs avisés s’orientent vers des alternatives (Isaan, Trang, Trat, Nan, Khanom) où les tarifs restent doux et l’expérience plus locale. Pour les professionnels, l’enjeu est de répartir la demande et d’éviter l’effet entonnoir.

Banques thaïlandaises: applis désactivées sur les vieux OS à partir du 14 février

Alerte utile, mais sans panique: les applications de banque mobile en Thaïlande ne fonctionnent plus sur les smartphones dotés de systèmes d’exploitation trop anciens. Les nouveaux minimums annoncés: iOS 14 côté iPhone, Android 10 côté Android. Pour situer, iOS a eu le temps d’avancer bien au-delà, et Android en est à des versions sorties en 2024–2025. Moralité: si votre téléphone est un vieux dinosaure, l’app de votre banque risque de vous lâcher.

Comment vérifier rapidement?

  • iPhone: Réglages > Général > Informations > Version du logiciel.
  • Android: Paramètres > À propos du téléphone > Version d’Android (ou Informations logicielles).

Si vous êtes en dessous du seuil: tentez une mise à jour système. Si l’appareil ne peut plus être mis à jour officiellement, il est temps d’envisager un remplacement. C’est frustrant, mais c’est aussi une mesure de cybersécurité: moins de failles, moins de malwares, moins de risques sur vos comptes. Au passage, activez l’authentification à deux facteurs, verrouillez votre SIM, et méfiez-vous des liens de « support bancaire » reçus par messagerie instantanée.

Infrastructures: le serpent de mer du pont vers Koh Samui ressurgit

Chaque année, il revient: le projet de pont reliant le continent à Koh Samui. Dernier tour de manège: un budget évoqué de 74 milliards de bahts, avec une mise en service en 2029. Les visuels 3D sont séduisants, l’ambition est là, les discussions environnementales et économiques aussi. Les habitants, eux, oscillent entre envie d’un accès plus simple et crainte d’une pression touristique accrue.

Le ferry n’a pas dit son dernier mot. Tant que le financement, les autorisations environnementales et la charpente contractuelle ne sont pas bétonnés, on reste sur un horizon mouvant. S’il voit le jour, le pont rebattrait les flux dans le Golfe de Thaïlande, avec des répercussions sur les îles voisines (Pha-Ngan, Tao), la logistique et les prix immobiliers. À suivre, mais sans s’emballer.

Taux de change euro/baht: 36,92 et un léger fléchissement

Le cours mentionné cette semaine s’établit à environ 1 EUR = 36,92 THB, sous la barre symbolique des 37. Pas de quoi bouleverser un budget vacances classique, mais suffisant pour recommander quelques bonnes pratiques:

  • Éviter la conversion dynamique (DCC) aux terminaux et distributeurs: payez en bahts, pas en euros.
  • Privilégier les cartes multi-devises à frais réduits et vérifier les plafonds avant le départ.
  • Comparer les bureaux de change physiques sur place: les meilleurs taux se trouvent rarement à l’aéroport.
  • Si vous retirez au DAB, anticipez les frais fixes locaux (souvent 220–250 THB par retrait) et regroupez vos retraits.

Zapping thaï: une touche de légèreté

Parce qu’il n’y a pas que les circulaires administratives dans la vie, trois instantanés souriants aperçus cette semaine:

  • Le moyen de paiement le plus culotté, littéralement, affiché sur un bateau d’excursion. L’audace marketing façon « on ne fait pas ça chez nous ». On vous laisse imaginer le QR code.
  • À Koh Lipe, une vendeuse de donuts qui transforme la plage en comédie musicale ambulante: « donuts, 10 bahts » chanté avec une constance admirable. Sucre, soleil, refrain dans la tête pour la journée.
  • Pékin Express passe par la Thaïlande, avec Ayutthaya au programme. L’occasion de revoir les stupas dorés, les temples éventrés par le temps, et des candidats à bout de souffle sous 35 °C.

Conseils pratiques: distinguer la rumeur de la règle

La Thaïlande adore les ballons d’essai. Une « idée » circule, on observe les réactions, on ajuste, puis on avance. Pour ne pas se faire balader:

  • Attendre la publication au Journal royal ou une note officielle des ministères concernés.
  • Consulter les sites et canaux officiels: ambassades, Immigration Bureau, Ministry of Foreign Affairs.
  • Se méfier des captures d’écran non sourcées et des « on m’a dit à l’aéroport ». Ce sont les pires sources.
  • En cas d’achat immobilier lié à un droit au séjour, faire auditer le contrat par un avocat local indépendant.
  • Pour la fiscalité, se référer à la convention franco-thaïe et aux avis de l’ambassade. Conserver toutes les preuves d’imposition.

Le maître-mot reste « wait and see ». Attendre et regarder. C’est moins glamour qu’un live enflammé, mais diablement plus fiable quand on parle de visas, d’argent et de droits au séjour.

EEAT: d’où viennent les infos et pourquoi vous pouvez vous y fier

Les éléments de cette synthèse s’appuient sur l’édition hebdomadaire de JTPT (journal vidéo francophone dédié à la Thaïlande), sur les annonces publiques relayées par des porte-parole gouvernementaux, et sur des communications diplomatiques, notamment l’ambassade de France pour la partie fiscale relative aux pensions. Lorsque les informations relèvent de rumeurs ou de travaux en cours, cela est indiqué et pondéré. Les seuils financiers et les dates évoqués sont ceux cités dans l’émission et les sources qui y sont mentionnées; ils sont susceptibles d’évoluer lors de la publication des textes définitifs. Pour toute démarche engageante (immigration, investissement, fiscalité), référez-vous aux documents officiels et, si besoin, à un professionnel qualifié.

Un dernier mot

Élections, visas, applis bancaires, pont vers Koh Samui, taux de change… La Thaïlande bouge, parfois dans tous les sens. On garde le cap: information vérifiée, timing réaliste, et une touche de bonne humeur pour encaisser les zigzags administratifs. Si ce travail vous est utile et que vous souhaitez soutenir la production indépendante d’analyses claires et sourcées, vous pouvez contribuer ici:

Merci aux « GG » — les gentils gens — qui rendent ce suivi possible semaine après semaine.

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