Visa Non-B Travail en Thaïlande : Guide Complet 2026
Tout savoir sur le visa Non-B pour travailler légalement en Thaïlande. Work permit, sponsoring employeur, ratio 4:1, coûts et démarches détaillées. Le guide pratique pour les expats français en 2026.
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Travailler en Thaïlande : pas sans le bon visa
Tu as décroché un job en Thaïlande, ou une entreprise locale veut t'embaucher ? Félicitations — mais avant de signer quoi que ce soit, il te faut le visa Non-Immigrant B (Non-B) et un work permit. Sans ces deux documents, travailler en Thaïlande est tout simplement illégal, même si tu bosses depuis ton laptop dans un café.
Le visa Non-B est le sésame pour l'emploi salarié en Thaïlande. C'est aussi l'un des visas les plus encadrés, avec des conditions strictes pour l'employeur comme pour l'employé. On fait le tour complet.
Visa Non-B et Work Permit : le duo obligatoire
C'est un point fondamental à comprendre : le visa Non-B et le work permit sont deux choses distinctes mais indissociables.
- Visa Non-B : c'est ton autorisation de séjour en Thaïlande pour motif professionnel. Il est collé dans ton passeport.
- Work Permit : c'est ton autorisation de travailler. C'est un document séparé (maintenant sous forme numérique) délivré par le Department of Employment.
Tu as besoin des deux. Un visa Non-B sans work permit = tu peux rester mais pas travailler. Un work permit sans visa Non-B = impossible à obtenir. Les deux vont de pair.
Qui sponsorise le visa ?
Contrairement au visa touristique que tu demandes toi-même, le visa Non-B est sponsorisé par ton employeur thaïlandais. C'est l'entreprise qui fait la majeure partie des démarches. Ton rôle : fournir les documents personnels et te présenter quand c'est nécessaire.
L'entreprise doit remplir certaines conditions pour pouvoir sponsoriser un étranger :
- Capital minimum : 2 millions de THB de capital social enregistré par employé étranger
- Ratio 4:1 : l'entreprise doit employer au moins 4 Thaïlandais pour chaque étranger (c'est la fameuse règle des 4 pour 1)
- Activité réelle : l'entreprise doit avoir une activité commerciale vérifiable, des locaux, des revenus
- Enregistrement fiscal : TVA, impôt sur les sociétés, cotisations sociales — tout doit être en règle
Conseil d'expat : si une entreprise te propose un poste mais semble réticente à sponsoriser ton visa, c'est un red flag. Soit elle n'a pas les moyens légaux de le faire, soit elle envisage de te faire travailler au noir. Dans les deux cas, fuis.
La règle du ratio 4:1 expliquée
C'est l'une des spécificités du droit du travail thaïlandais qui surprend le plus les expats. Pour chaque work permit délivré à un étranger, l'entreprise doit employer au minimum 4 employés thaïlandais cotisant à la sécurité sociale.
En pratique :
- 1 étranger = 4 Thaïlandais minimum
- 2 étrangers = 8 Thaïlandais minimum
- 10 étrangers = 40 Thaïlandais minimum
Il y a des exceptions pour certains secteurs (BOI companies, entreprises en zone économique spéciale), mais c'est la règle générale. Les entreprises de la BOI (Board of Investment) bénéficient de conditions assouplies et peuvent parfois avoir un ratio différent.
Conditions pour l'employé
De ton côté, voici ce qu'on attend de toi :
- Passeport valide au moins 6 mois
- Diplômes : un diplôme universitaire est généralement requis (licence minimum). Les diplômes doivent être traduits en anglais et légalisés.
- Expérience professionnelle : selon le poste, 2 à 5 ans d'expérience dans le domaine peuvent être exigés
- Casier judiciaire vierge : un extrait de casier judiciaire récent (moins de 3 mois) de ton pays d'origine
- Photos d'identité : format 4x6 cm, fond blanc
- Certificat médical : parfois demandé, surtout pour les premières demandes
Procédure étape par étape
Étape 1 : L'employeur prépare le terrain
Ton futur employeur rassemble les documents de l'entreprise :
- Certificat d'enregistrement de l'entreprise
- Liste des actionnaires
- Bilans financiers des 2 dernières années
- Formulaire WP.3 (demande de work permit)
- Lettre d'invitation pour le visa
- Contrat de travail signé
- Organigramme montrant le poste de l'étranger
Étape 2 : Demande du visa Non-B
Tu fais ta demande de visa Non-B avec la lettre d'invitation de l'employeur :
- Depuis la France : à l'Ambassade de Thaïlande à Paris. Coût : ~5 000 THB (~130 €). Délai : 5-7 jours ouvrés.
- Depuis un pays voisin : consulat thaïlandais au Laos, Cambodge, Malaisie, etc.
- Conversion sur place : possible dans certains cas (visa touristique → Non-B), mais c'est de moins en moins accepté
Le visa Non-B initial te donne 90 jours en Thaïlande.
Étape 3 : Obtention du Work Permit
Une fois en Thaïlande avec ton visa Non-B, l'employeur lance la demande de work permit auprès du Department of Employment. C'est désormais un processus numérique (Digital Work Permit).
- Délai : 7 à 30 jours ouvrés selon la province
- Coût : 3 000 THB pour un an
- Le work permit est lié à un employeur spécifique, un poste spécifique et un lieu de travail spécifique
Étape 4 : Extension du visa à un an
Avec ton work permit en main, tu peux demander une extension de visa d'un an au bureau d'immigration. Coût : 1 900 THB. C'est renouvelable tant que tu travailles pour le même employeur.
Coûts récapitulatifs
- Visa Non-B : ~5 000 THB (~130 €)
- Work Permit : 3 000 THB/an (~80 €)
- Extension de visa annuelle : 1 900 THB (~50 €)
- Reporting 90 jours : gratuit
- Re-entry permit : 1 000 THB (single) ou 3 800 THB (multiple)
Total première année : environ 10 000-12 000 THB (~260-310 €). C'est généralement pris en charge par l'employeur.
Les métiers interdits aux étrangers
La Thaïlande protège certains métiers réservés aux Thaïlandais. Tu ne peux pas obtenir de work permit pour :
- Travail manuel non qualifié
- Agriculture et élevage
- Maçonnerie et menuiserie
- Conduite de véhicules motorisés (taxi, bus)
- Vente ambulante
- Coiffure
- Guide touristique (sauf guides spécialisés avec licence)
- Comptabilité (sauf audit international)
- Secrétariat et travail de bureau de base
La liste complète comprend 39 métiers protégés. En pratique, les postes ouverts aux étrangers sont les postes qualifiés : management, ingénierie, enseignement, IT, marketing international, etc.
Changement d'employeur
Si tu changes de job, ton work permit devient invalide. Tu dois :
- Annuler l'ancien work permit
- Obtenir un nouveau work permit avec le nouvel employeur
- Parfois refaire le visa Non-B (selon les circonstances)
Le nouvel employeur doit remplir les mêmes conditions (capital, ratio 4:1, etc.). Le changement peut se faire sans quitter la Thaïlande si tu t'y prends bien — mais il y a un risque de « gap » entre les deux work permits. Certains employeurs préfèrent que tu sortes et reviennes avec un nouveau visa.
Conseil vécu : négocie le timing du changement avec les deux employeurs. L'idéal est que le nouveau work permit soit prêt avant l'annulation de l'ancien. Et garde toujours des copies de tous tes documents — en cas de contrôle pendant la transition, tu veux pouvoir prouver ta bonne foi.
Obligations pendant l'emploi
- Reporting 90 jours : obligatoire, comme pour tous les visas long terme
- Impôts : tu es soumis à l'impôt sur le revenu thaïlandais (barème progressif de 0 à 35 %)
- Sécurité sociale : cotisation obligatoire (5 % du salaire, plafonné). Donne accès aux soins dans les hôpitaux publics.
- Avoir ton work permit sur toi : techniquement, tu dois pouvoir le présenter à tout moment sur ton lieu de travail. Avec le Digital Work Permit, c'est accessible via l'application mobile.
Salaire minimum pour les étrangers
Il n'y a pas de salaire minimum officiel pour les étrangers, mais l'immigration a des seuils implicites selon la nationalité :
- Français / Européens : minimum ~50 000 THB/mois (~1 300 €)
- Américains / Australiens : minimum ~50 000 THB/mois
- Pays asiatiques : minimum ~25 000-35 000 THB/mois
En dessous de ces seuils, l'immigration peut refuser l'extension de visa. En pratique, la plupart des postes qualifiés pour expats paient bien au-dessus de ces minimums.
Alternatives au visa Non-B classique
Si le visa Non-B classique ne correspond pas à ta situation, il existe des alternatives :
- BOI Visa : pour les entreprises ayant un agrément BOI (Board of Investment). Processus simplifié, pas de ratio 4:1, extension facilitée
- Smart Visa : pour les professionnels qualifiés dans les industries ciblées (S-curve). Validité jusqu'à 4 ans, pas besoin de work permit séparé
- DTV (Digital Nomad Visa) : pour les télétravailleurs qui travaillent pour des clients/employeurs étrangers. Ne nécessite pas d'employeur thaïlandais.
- Visa LTR : pour les professionnels hautement qualifiés. Visa 10 ans avec avantages fiscaux.
Combien de temps pour obtenir le visa Non-B et le work permit ?
Compte environ 1 à 2 mois entre le début des démarches et le moment où tu es légalement au travail. Le visa Non-B prend 1-2 semaines, le work permit 1-4 semaines supplémentaires. Avec un bon employeur qui connaît le processus, ça peut aller plus vite.
Peut-on être freelance avec un visa Non-B ?
Non, pas directement. Le work permit est lié à un employeur. Pour être freelance légalement, tu devrais créer ta propre entreprise en Thaïlande (avec le capital et le ratio requis) et te sponsoriser toi-même. C'est faisable mais lourd. Le DTV est une meilleure option pour les freelances travaillant avec des clients étrangers.
Que se passe-t-il si je perds mon emploi ?
Si tu es licencié ou si tu démissionnes, ton work permit est annulé. Tu as alors 7 jours pour notifier l'immigration et tu disposes généralement d'un délai pour quitter le pays ou trouver un nouvel employeur. Ne traîne pas — un overstay avec un work permit annulé, ça peut devenir compliqué.