Sekaijin
Comment j ai trouvé un travail au Japon : Mon expérience de peintre en bâtiment à Tokyo
Travail 9 min de lecture Publié le 11 July 2025

Comment j ai trouvé un travail au Japon : Mon expérience de peintre en bâtiment à Tokyo

Récit d un Français expatrié au Japon qui raconte comment il a trouvé un emploi de peintre en bâtiment à Tokyo via Craigslist. Conseils pratiques, rencontres marquantes, traditions japonaises au travail (Bounenkai, Omiyage) et réalité du quotidien.

Wecko
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Trouver un travail au Japon : mon expérience après 2 mois à Tokyo

Ça fait maintenant plus de deux mois que je suis arrivé au Japon, bientôt trois. Et j'ai une nouvelle à vous annoncer : j'ai trouvé un taf plutôt stable. Je voulais vous raconter comment ça s'est passé, parce que je sais que beaucoup d'entre vous se posent la question : comment trouver un travail au Japon quand on est français ?

Tokyo Craigslist : le site qui m'a tout changé

Mon conseil numéro un pour trouver un emploi au Japon, surtout quand on ne parle pas encore couramment japonais : Tokyo Craigslist. C'est un site de petites annonces où des employeurs postent régulièrement des offres accessibles aux étrangers. J'ai postulé à une annonce, j'ai eu une réponse assez rapidement, et le processus s'est enchaîné vite.

L'annonce en question ? Un poste de peintre en bâtiment. Oui, vous avez bien lu. Moi qui passais mes journées derrière un ordinateur à taper du code, me voilà à peindre des murs à Tokyo.

Mon boss japonais qui parle anglais : une chance incroyable

J'ai eu énormément de chance avec mon patron. C'est un Japonais qui a voyagé — Australie, Angleterre, plusieurs pays anglophones — et qui maîtrise parfaitement l'anglais. Et ça change tout.

Les Japonais qui ont voyagé sont tellement différents de ceux qui n'ont jamais quitté le pays. Ils sont plus ouverts, moins stricts. Mon boss comprend que je débute, que je fais des erreurs. Il prend le temps de m'expliquer les choses. Franchement, je n'aurais pas pu mieux tomber.

Lloyd : le Canadien qui vit au Japon depuis 20 ans

L'autre rencontre marquante, c'est Lloyd. Un Canadien qui a commencé exactement le même jour que moi. Ça crée des liens quand on passe ses journées à peindre ensemble en se racontant des blagues.

Mais Lloyd, c'est surtout 20 ans de vie au Japon. Il a une famille, des enfants. Il me donne des conseils sur la vie quotidienne, sur le métier, sur tout. Un vrai mentor tombé du ciel. Il fait ce boulot depuis bien plus longtemps que moi, donc ses tips me font progresser beaucoup plus vite.

Peintre en bâtiment : pourquoi ce métier m'a surpris

Je ne vais pas mentir : au début, c'était dur. C'est la première fois de ma vie que je fais un travail physique comme celui-là. Moi, à la base, j'étais développeur — toujours assis derrière un écran.

Mais en fait, travailler dehors, faire fonctionner son corps toute la journée, ça fait un bien fou. Quand on rentre à la maison le soir, on est fatigué, mais c'est une bonne fatigue. On n'a pas ce sentiment de "il faut que je fasse du sport, il faut que je me bouge". Le corps a déjà travaillé. C'est libérateur.

Et puis j'ai appris un truc intéressant : mon boss a du mal à recruter des jeunes Japonais pour ce type de boulot. Le Japon a un vrai problème démographique, mais c'est pas que ça. Les métiers manuels ne sont pas valorisés auprès des jeunes Japonais. Ils trouvent ça pas assez gratifiant. Moi, quand je dis que je suis peintre en bâtiment, les gens sont surpris — "un étranger qui fait ça ?" — mais ils le prennent plutôt bien. C'est différent, et ça attire la curiosité.

D'ailleurs, j'ai appris récemment que mon tonton faisait exactement le même métier. Une sorte de destin, c'est assez marrant.

Masaki-san : apprendre le japonais sur le terrain

Dans l'équipe, il y a aussi Masaki. Un Japonais à 150%, qui ne parle pas un mot d'anglais. Quand je travaille seul avec lui, je suis obligé de parler japonais. Pas le choix.

Et c'est finalement la meilleure école. J'apprends énormément de lui — la culture japonaise, la langue, les expressions du quotidien. L'immersion forcée, il n'y a rien de mieux pour progresser en japonais.

Le Bounenkai : ma première fête d'entreprise japonaise

À la fin de l'année au Japon, il y a une tradition qui s'appelle le Bounenkai (忘年会). C'est un événement où toute l'entreprise se retrouve pour boire ensemble. Littéralement, on passe de bar en bar, on mange des yakiniku (grillades japonaises), et on boit. Beaucoup.

Mes collègues avaient commencé à boire vers 15h. Moi je suis arrivé vers 18h-19h, en pensant que c'était un timing raisonnable. Sauf qu'ils étaient déjà quasi morts. On a fait deux ou trois bars, et vers 21h, j'étais le seul encore debout. Tous les autres étaient affalés sur les divans du restaurant, complètement KO.

Du coup, avec Lloyd, on s'est regardés, on a dit "bon, on fait quoi ?", et on est partis continuer la soirée entre nous. On les a laissés raides morts sur place. De toute façon, c'est le boss qui payait. Premier Bounenkai : validé.

L'Omiyage : la tradition des cadeaux au bureau

Une autre tradition japonaise que j'adore : l'Omiyage (お土産). Quand quelqu'un rentre dans sa ville d'origine pendant les vacances, il ramène des spécialités locales — des friandises, des gâteaux — pour les partager avec ses collègues et amis.

Mon boss m'a rapporté des friandises de Nagoya. Des petits gâteaux pas très sucrés (les Japonais n'aiment pas trop le sucré — même le Coca-Cola ici, c'est quasiment de l'eau gazeuse comparé à celui qu'on a en France). Mais c'était excellent. Ces petites traditions, c'est ce qui rend le quotidien au Japon si spécial.

La réalité financière : travailler au jour le jour

Il faut être honnête sur un point : en tant que peintre en bâtiment au Japon, je suis payé à la journée. Quand il pleut, je ne travaille pas. C'est la réalité des métiers du bâtiment.

Je cherche d'ailleurs un petit deuxième job à côté pour arrondir les fins de mois et être plus tranquille. Mais l'essentiel est là : je ne dépends plus uniquement de mes économies. C'est un soulagement énorme.

Pour le visa, on verra ce que ça donne. Est-ce que ce boulot me permettra d'obtenir un visa de travail ? C'est encore incertain. Mais pour l'instant, je profite de l'aventure et on verra ce qui se passe.

Mes conseils pour trouver un travail au Japon

Si vous envisagez de travailler au Japon, voici ce que j'ai retenu de mon expérience :

  • Utilisez Tokyo Craigslist : c'est le site le plus accessible pour les étrangers qui cherchent du travail au Japon, surtout si vous ne parlez pas encore japonais.
  • Soyez ouvert aux métiers inattendus : je ne me serais jamais imaginé peintre en bâtiment, et pourtant c'est une des meilleures expériences de ma vie.
  • Cherchez un patron qui a voyagé : un employeur japonais qui parle anglais et qui comprend les étrangers, ça change absolument tout.
  • Acceptez l'immersion : travailler avec des Japonais qui ne parlent pas anglais, c'est dur au début, mais c'est la meilleure façon d'apprendre la langue et la culture.
  • Participez aux traditions : Bounenkai, Omiyage... Ces moments de partage sont essentiels pour s'intégrer dans la vie professionnelle japonaise.
  • Ne sous-estimez pas les métiers manuels : au Japon comme ailleurs, ces métiers recrutent et offrent des opportunités que les jobs de bureau ne donnent pas.

Questions fréquentes

Peut-on trouver un travail au Japon sans parler japonais ?

Oui, c'est possible. Des sites comme Tokyo Craigslist proposent des offres accessibles aux anglophones. Certains employeurs japonais parlent anglais, surtout ceux qui ont voyagé à l'étranger. Cela dit, apprendre le japonais sur place reste indispensable pour évoluer professionnellement et s'intégrer.

Combien gagne un peintre en bâtiment au Japon ?

Le salaire varie selon l'expérience et l'employeur. En tant que débutant payé à la journée, le revenu est modeste mais suffisant pour couvrir les dépenses courantes à Tokyo. L'avantage, c'est que le secteur du bâtiment recrute activement au Japon en raison du manque de main-d'œuvre jeune.

Quel site utiliser pour trouver du travail au Japon ?

Tokyo Craigslist est excellent pour les petites annonces accessibles aux étrangers. D'autres options incluent GaijinPot Jobs, Indeed Japan, et les groupes Facebook d'expatriés français au Japon. Pour les emplois plus qualifiés, LinkedIn et Daijob sont également recommandés.

Faut-il un visa de travail pour travailler au Japon ?

Oui, pour travailler légalement au Japon, il faut un visa de travail ou un Working Holiday Visa (disponible pour les Français de 18 à 30 ans). Certains employeurs peuvent sponsoriser votre visa de travail si le poste correspond aux catégories éligibles.

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