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Thaïlande: déminage à la frontière, Thaksin derrière les barreaux, «prisons touristiques», bus express… la semaine qui bouscule le Royaume
Culture Publié le 21 October 2025

Thaïlande: déminage à la frontière, Thaksin derrière les barreaux, «prisons touristiques», bus express… la semaine qui bouscule le Royaume

Accalmie entre Thaïlande et Cambodge avec un plan de déminage, incarcération de Thaksin, polémique sur les banques, lancement de «prisons touristiques», drame à Safari World, agressions à Pattaya, bus express Bangkok–Chiang Mai/Phuket et euro/baht en repli: le brief complet JTPT.

Nico-JTPT
Nico-JTPT

Rédacteur

Thaïlande: déminage à la frontière, Thaksin derrière les barreaux, «prisons touristiques», bus express… la semaine qui bouscule le Royaume

À peine le générique du JTPT s’éteint qu’un panorama très dense s’impose: décrispation sur la frontière cambodgienne, retour express de Thaksin… en prison, débat fébrile sur les banques, concept déroutant de «prisons touristiques», drame au zoo Safari World, faits divers à Pattaya, bus express en renfort et baht qui muscle son jeu face à l’euro. Un condensé de Thaïlande, sans filtre, avec des chiffres, du terrain et un brin de franc-parler. Voici ce qu’il faut retenir cette semaine, condensé et contextualisé pour comprendre ce qui bouge, ce qui inquiète et ce qui change concrètement pour résidents, voyageurs et futurs expatriés.

Frontière Thaïlande–Cambodge: un plan de déminage et une riposte commune contre les arnaques en ligne

Climat moins tendu entre Bangkok et Phnom Penh. Les deux voisins ont acté une opération de déminage coordonnée sur des zones contestées de leur frontière. Concrètement, ce pas de côté réduit le risque d’accidents dans des secteurs où subsistent encore des munitions héritées des décennies de conflit. Moins de blessures, moins d’incidents, moins de prétextes à l’escalade: une bonne nouvelle tout simplement.

L’autre levier s’attaque aux «scam factories», ces centres d’appels frauduleux qui siphonnent des millions de baht. Selon le JTPT, les autorités thaïlandaises ont transmis aux Cambodgiens plus d’une soixantaine de localisations présumées de call centers opérant depuis le Cambodge. Un rendez-vous entre chefs de police est annoncé au 16 septembre pour définir la méthode: coordination des raids, démantèlement des réseaux, partage d’informations. Les malfaiteurs savent qu’on sait? Probable. Mais si la pression s’organise et perdure, l’effet dissuasif peut compter.

À suivre dans les 30 jours: une évaluation croisée des avancées. Sur le papier, l’axe «sécurité humaine» – déminage et lutte anti-fraude – marque un tournant pragmatique dans la relation bilatérale. Reste à vérifier l’exécution, la constance et la capacité à assécher les flux financiers derrière ces arnaques.

Thaksin Shinawatra: retour, jugement et incarcération sans «VIP» annoncé

Le feuilleton Thaksin a connu un nouveau chapitre. L’ex-Premier ministre – orthographié «Taxine» dans la vidéo JTPT – s’est présenté à la justice après des rumeurs de départ pour Dubaï. Le cas mêle plusieurs volets: un dossier de lèse-majesté dont il a été blanchi, et un arrêt de la Cour suprême le condamnant pour conflit d’intérêts et abus de pouvoir. La peine, initialement de huit ans, a été réduite à un an via une grâce royale.

Point clé relevé dans le JTPT: l’hospitalisation de l’intéressé à l’hôpital de la police ne compte pas comme du temps de prison purgé. Résultat, la peine ferme d’un an est confirmée, et l’on a vu Thaksin transféré vers l’un des établissements de détention de Bangkok (Klong Prem), connu pour ne pas afficher officiellement de section «VIP», même si des conditions un peu plus souples peuvent parfois être négociées par des détenus fortunés.

Selon les déclarations citées dans la séquence, Anutin – présenté comme nouveau chef de gouvernement – a assuré que Thaksin ne bénéficierait d’aucun privilège et serait traité selon la loi, sans ingérence. Un engagement attendu, scruté, et riche d’enjeux politiques. La portée symbolique reste majeure: un ex-chef de l’exécutif incarcéré, c’est rarissime en Thaïlande comme ailleurs. Les prochains mois diront si l’égalité de traitement tient face à la pression médiatique et aux fidélités politiques.

Banques en Thaïlande: fantasmes, réalités et alternatives pour payer au quotidien

Les commentaires s’affolent: «Les banques vont fermer, on ne pourra plus ouvrir de compte, comment on fait?» Calmons le jeu. Comme le rappelle JTPT, plusieurs vidéastes francophones ont déjà défriché le terrain. Surtout, si votre installation en Thaïlande est lointaine (cinq à dix ans), s’inquiéter aujourd’hui n’a pas d’intérêt pratique: réglementation, usages bancaires, fintech et contexte macro changent vite.

Quelques repères utiles:

  • Ouvrir un compte en Thaïlande a longtemps été plus simple qu’ailleurs pour un non-résident. Cela se resserre, sans être impossible. Chaque agence reste juge de ses procédures: visa, justificatifs, dépôt minimal… Le «coup de bol» n’est pas mort, mais il ne se décrète pas.
  • Beaucoup de pays refusent l’ouverture sans résidence fiscale locale ou sans structure (entreprise, permis de travail). Là où c’est possible sans résidence, des dépôts élevés sont parfois exigés.
  • Des chiffres circulent sur un «grand ménage» des comptes au Vietnam (des dizaines de millions d’unités inactives fermées depuis septembre, selon certaines vidéos). Il s’agirait de comptes, pas de «banques» au sens d’établissements. Prudence sur l’interprétation: les campagnes de vérification KYC/AML et d’assainissement des comptes inactifs se généralisent en Asie comme ailleurs.

Pour la vie quotidienne, payer le QR code en Thaïlande sans compte local, c’est possible. Deux options grand public citées dans le JTPT:

  • TagThai (application touristique qui intègre des paiements locaux et une passerelle vers PromptPay selon les offres du moment).
  • TrueMoney Wallet, solution de wallet très répandue en Thaïlande, rechargée depuis des cartes internationales ou par d’autres canaux selon votre profil.

Chacune a ses frais, ses limites de recharge et sa compatibilité plus ou moins large avec les QR marchands. L’idée est simple: si vous n’avez pas de compte local, un wallet peut suffire pour taxis, 7-Eleven, marchés, restos, et fluidifier votre séjour. Comparez les conditions, l’expérience d’usage et l’assistance. En l’absence de sponsoring, pas de tutoriel ici, mais une recommandation: testez avant un voyage long, avec de petits montants.

Quant à l’idée de «mettre son argent à l’abri» en Thaïlande, ne fantasmez pas un coffre-fort magique. Tous les systèmes bancaires comportent du risque: gel de comptes, changement de règles, renforcement des contrôles, frais inattendus. Diversification, bon sens, documentation: trois garde-fous qui valent mieux qu’un pari sur une seule juridiction.

«Prisons touristiques»: réinsertion, économie locale… et malaise éthique

Le concept a de quoi surprendre: ouvrir au public des commerces au sein même de prisons en activité, avec des détenus formés qui cuisinent, servent, massent, ou gèrent des boutiques artisanales. Selon la séquence JTPT, l’initiative, dévoilée lors du 110e anniversaire du Département des services correctionnels, avance des chiffres ambitieux: 122 succursales partout dans le pays et 23 établissements officiellement labellisés «prisons touristiques».

L’argumentaire est clair: donner des compétences, offrir une activité rémunérée, faciliter la réinsertion. Les formations couvriraient la cuisine, l’agriculture, les services de santé et bien-être, la mode, la musique et les arts du spectacle. Un programme de lecture-écriture serait aussi mis en avant, avec 970 détenus évalués avec succès (taux de réussite annoncé: 91,6%). Parmi les sites vitrines cités, la prison de la province de Chonburi (proche de Pattaya) revient comme modèle pour la propreté, les saveurs et les prix contenus.

Sur le papier, l’idée coche les cases «employabilité» et «lien social». Dans les faits, elle questionne. Jusqu’où commercialiser l’espace carcéral reste-t-il compatible avec la dignité des personnes détenues? Quelle transparence sur la rémunération, le volontariat réel, la sécurité des visiteurs et des détenus? Quelle gouvernance pour éviter le «tourisme de la peine»? Autant de garde-fous indispensables si l’initiative doit durer.

EEAT oblige, on s’en tient aux éléments factuels annoncés publiquement et relayés par le JTPT. Avant d’en faire une «expérience» à cocher façon guide, vérifiez les informations locales, les horaires d’ouverture et la nature des activités proposées. Et demandez-vous si la curiosité vaut la peine de cautionner un modèle qui reste, pour le moment, en phase de légitimation sociale.

Bangkok: drame à Safari World, la sécurité en question

Un fait divers qui glace: un gardien de 58 ans, employé depuis plus de 30 ans au Safari World de Bangkok, a été mortellement attaqué par plusieurs lions alors qu’il sortait de son véhicule en zone animalière. La scène, partiellement filmée par des visiteurs, a duré de longues minutes. Les témoins ont klaxonné, en vain, avant qu’un autre véhicule ne parvienne à disperser les animaux.

Pourquoi a-t-il ouvert sa porte? Erreur humaine, protocole non respecté, ou geste volontaire? L’épouse du défunt a écarté l’hypothèse d’une détresse psychique. Dans ce type d’attaque, l’assaut à la gorge peut paralyser toute réaction, ce qui explique l’absence de cris sur certaines séquences. La direction du parc promet de revoir ses procédures et coopère avec les autorités. Aucun abattage de lions n’a été rapporté à ce stade.

Au-delà de l’émotion, un rappel brut s’impose: un fauve n’est jamais apprivoisé à 100%. Les parcs animaliers privés, quand ils vendent de la proximité scénarisée, portent une responsabilité absolue sur les protocoles, l’entretien des enclos, la formation continue et l’entraînement aux crises. Pour les voyageurs en quête de nature en Thaïlande, les parcs nationaux et réserves, accompagnés de guides certifiés, offrent une alternative plus responsable, moins stressante pour l’animal et plus formatrice pour le visiteur.

Pattaya: agressions et arnaques, les bons réflexes

Pattaya concentre cette semaine encore une série de faits divers. Le plus commenté concerne un touriste britannique de 65 ans, blessé au visage à l’arme blanche à la suite d’un différend tarifaire avec plusieurs personnes transgenres, d’après les premiers éléments. Il aurait d’abord accepté la compagnie de deux personnes, avant de refuser l’arrivée de deux autres, réclamant chacune un supplément. L’altercation a dégénéré.

Rappel utile pour tout le monde, sans stigmatiser qui que ce soit: dans les zones festives et très touristiques, les litiges commerciaux (prix, «extras», horaires) dérapent vite quand les règles ne sont pas clarifiées en amont. Si vous vous engagez dans une transaction privée, vous prenez un risque. Les conseils de base valent toujours:

  • Ne laissez personne vous toucher vos bijoux, colliers, bracelets: les vols à la tire existent, et ils sont rapides.
  • Évitez de filmer des inconnus à leur insu. La provocation peut mal tourner.
  • Si vous sentez une pression ou une surenchère, partez. Mieux vaut perdre un acompte que la soirée entière.
  • Privilégiez les lieux encadrés et connus, demandez les tarifs clairs avant toute chose, et ne circulez pas seul tard si vous êtes vulnérable.

La police locale enquête sur l’agression signalée. De manière générale, Pattaya reste une ville populaire et animée. Y passer de bonnes vacances dépend surtout de votre capacité à couper court aux propositions auxquelles vous n’adhérez pas, et à garder vos effets hors de portée.

Bus express Bangkok–Chiang Mai et Bangkok–Phuket: gains modestes, vraie option anti-inflation

Bonne nouvelle pour les budgets serrés: l’opérateur public introduit des bus «express» entre Bangkok et deux destinations majeures, Chiang Mai au nord et Phuket au sud. La promesse? Moins d’arrêts, donc un trajet plus court.

Les chiffres avancés par le JTPT donnent l’ordre de grandeur:

  • Bangkok–Chiang Mai: environ 9 h 30 en express contre 11 h en régulier. Prix indicatif: 594 baht (env. 16 €).
  • Bangkok–Phuket: environ 12 h en express contre 13 h en régulier. Prix indicatif: 1 112 baht (env. 30 €).

On ne parle pas d’une révolution temporelle, mais d’une heure à une heure trente de gagnée. En revanche, le rapport qualité-prix reste imbattable quand les billets d’avion flambent à la dernière minute, surtout en haute saison. Si votre temps est flexible, le car vous évite le coût carbone et budgétaire d’un vol interne.

Rappels sécurité:

  • Choisissez des compagnies réputées et des bus récents. Les accidents liés à l’entretien ou à la somnolence de conducteurs existent encore.
  • Privilégiez les départs de jour si vous dormez mal assis. La fatigue accumulée fait faire de mauvais choix à destination.
  • Gardez sur vous vos documents et objets de valeur. Un sac cabine verrouillable reste la meilleure assurance tranquillité.

Pour une expérience «à la thaï», vous croiserez sans doute ces bus gigantesques, très décorés, presque des œuvres roulantes. Le folklore fait partie du voyage, mais votre sécurité prime: fuyez les «zombie-bus» rafistolés, même si la place n’est pas chère.

Euro/baht: 37,22 cette semaine, le baht se raffermit

Le taux relevé dans le JTPT tombe à 37,22 baht pour 1 euro. Le baht se renforce, ce qui inquiète une partie des exportateurs thaïlandais: une devise forte peut rogner la compétitivité. Pour un touriste, l’impact reste limité sur un budget court. Pour un résident, surveiller le timing des transferts est plus pertinent: étaler vos virements sur plusieurs semaines peut lisser le risque de change.

Traditionnellement, les fins d’année voient des mouvements de devises liés aux flux commerciaux et financiers. Pas de panique, mais un œil quotidien sur le taux avant un gros virement peut valoir quelques centaines d’euros économisés sur l’année.

Vie de la communauté JTPT: du live, un Discord qui grandit et un clin d’œil à Sam Roi Yot

Le JTPT a franchi le cap des 11 000 abonnés et annonce un live vendredi prochain (18 h en France, 23 h en Thaïlande). Le créateur invite aussi sa communauté sur un serveur Discord encore à taille humaine (environ 70 membres), avec des salons thématiques pour échanger infos et retours d’expérience. Une vidéo courte explique comment s’inscrire et prendre ses marques. Le ton reste convivial, bienveillant et très réactif.

Un mot de remerciement au donateur de la semaine, Olivier, et un clin d’œil géographique: Sam Roi Yot, au sud de Hua Hin, et sa célèbre grotte Phraya Nakhon, pavillon royal baigné par la lumière. Si vous êtes dans la région, c’est un détour qui vaut la sueur de la montée.

Zapping «bus»: culture roulante et douceur féline

Pour conclure sur une note plus légère, le zapping du JTPT s’attarde sur la culture bus thaïlandaise: un montage avant/après des véhicules d’hier et d’aujourd’hui (du bus vintage 1964 au car VIP surchargé de peintures), un «zombie-bus» aussi inquiétant que ventilé, et surtout une pépite: un conducteur qui a adopté un chaton devenu la mascotte du trajet. Le félin, imperturbable, sieste sur le tableau de bord comme si de rien n’était. Preuve que même dans les longs trajets, un peu de douceur ne fait pas de mal.

FAQ express

1) Peut-on payer partout en Thaïlande sans compte local?

Pas partout, mais très largement oui: QR codes, 7-Eleven, food courts, marchés… Les wallets comme TrueMoney Wallet ou TagThai aident à combler l’absence de compte local. Vérifiez les frais, les plafonds et testez avant un séjour long.

2) Le bus express vaut-il le coup face à l’avion?

Si le prix prime, oui: 16 à 30 € entre Bangkok, Chiang Mai ou Phuket, c’est très compétitif. Vous perdez 9 à 12 heures, mais vous évitez l’incertitude des billets d’avion de dernière minute et réduisez l’empreinte carbone.

3) Visiter une «prison touristique», est-ce recommandable?

À chacun sa ligne rouge. Le programme se revendique «réinsertion» et «formation», mais interroge éthiquement. Avant d’y aller, informez-vous et demandez-vous si l’expérience correspond à vos valeurs.

4) Sécurité à Pattaya: que retenir?

Clarifiez toujours le prix et le périmètre d’une prestation. Évitez les provocations et gardez vos objets précieux hors d’atteinte. En cas de malaise, partez. La meilleure prévention reste la sobriété dans l’évaluation des situations.

Méthodo, sources et fiabilité

Ce compte rendu s’appuie sur le journal hebdomadaire JTPT et les faits relatés dans sa dernière vidéo. Pour nourrir votre propre jugement, complétez avec des sources locales (presse thaïlandaise anglophone, communiqués de la police, Département des services correctionnels, opérateurs de transport). L’objectif: vous offrir une lecture contextualisée, claire et utile, sans sensationalisme ni «catastrophisme» gratuit.

Pour finir: restez curieux, restez prudents

Entre détente à la frontière, prison «zéro privilège» annoncée pour Thaksin, expérimentations carcérales, drame animalier, nightlife sous tension et bus plus rapides, la Thaïlande rappelle sa capacité à surprendre. Si vous y vivez, gardez vos routines de vigilance. Si vous voyagez, privilégiez la simplicité: moyens de paiement fiables, transports sérieux, hébergements bien notés. Et n’oubliez pas: l’information locale, actualisée et sourcée, reste votre meilleur allié.

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